Interview de Julie Ja-Yvang
décembre 31, 2009 | In: Divers, Révélation Blog
Après les interviews de Professeur Horreur et Anne-Lise (sur le site du Festiblog), voici celui de Julie-Ja.
Hola Etranger ! Qui es tu ? Et où est la fameuse Julie Ja ?
Je m’appelle Yvang. Passionné par toutes les formes d’expression, mais j’ai choisi la bd. Je porte ce choix comme on porte sa croix, une bible et un fusil. Julie Ja, la personne qui dit « je » dans le blog et qui fait croire aux lecteurs que c’est elle qui écrit et dessine est un personnage fictif. Wanted.
Damned ! Holy Shit, tu voudrais dire que tu n’es donc pas une fille ? Depuis quand cette perversion ?
J’ai commencé le dessin à la maternelle. Et après j’ai continué, sans interruption. Les hebdos Pif et Spirou ont déclenché mon désir carriériste narratif.
Quel modèle pernicieux a t’il pu bercer ton cerveau malade de fou de la gachette graphique ?
Difficile de trouver une ligne directrice cohérente dans ce que j’aime en bande dessinée.
Puisqu’on est dans l’Ouest, je peux dire qu’enfant, c’est le Lucky Luke de Morris qui m’a mis le pied à l’étrier. Puis, passage du Rio Grande obligé d’admiration et de recopiage de Franquin : Gaston est mon philosophe de chevet. En grandissant, j’ai été attiré par les baroques et maniéristes Munoz et Mattotti, le noir et blanc de Baudoin et de Maus (d’Art Spiegelman). Dans les années 90, j’ai été très influencé par des graphistes comme Mattt Konture, Caro, Pyon, Placid, Burns, Blanquet aussi. A cette époque je dévorais le travail des auteurs publiés à l’Association. J’ai découvert F’murrr et Fred (l’auteur de Philémon) bien avant Herriman et ceux de l’age d’or du strip de presse américain, mais c’est cette constellation surréalisante dont je me sens le plus proche.
Votre blog est…très étrange, étranger.
Au début je souhaitais parodier un blog de jeune femme avec anecdotes quotidiennes et peu à peu c’est tombé dans l’onirique bizarre glauque parfois satirique avec de la philosophie de comptoir. C’est un travail sur des personnages, une mise en question des liens d’amitié entre les deux individus indéfinis socialement que sont Julie et Auguste, qui catalysent les sujets traités en vrac dans ce blog. C’est au jour le jour, improvisé, fragile, chaque note naît des précédentes. Il y a aussi une météo dominicale, exercice de style(s graphiques) à la Queneau. Parfois des collage et du photomontage.
Qu’est ce qui a déclenché cette vocation de blogueur de l’ouest ?
J’ai commencé par faire un site en 2001 où je publiais quotidiennement des strips. En 2005 j’ai assisté médusé au phénomène Frantico, alors je suis passé au blog bd.
Vous parlez d’une traversée du désert, de quel désert s’agit il ?
Mes lecteurs sont peu nombreux, et j’en fait régulièrement fuir une partie en raison de mes incessants changements de style et de techniques (d’où la « Traversée du désert »). Des lecteurs qui d’une manière générale sont extrêmement complimenteurs et fidèles. Certains ont des blogs et trop rarement interviennent sur le mien, mais c’est ma faute.
Et quand, dans ce désert, vous croisez un pèlerin, êtes vous sensible à ses commentaires ?
Hypersensible au commentaires. Si les compliments sont gênants et disproportionnés, les critiques sont déprimantes (bien que très rares). J’aurais envie de désactiver les commentaires, mais aussitôt ils me manqueraient. Les commentaires m’embarrassent et pourtant c’est ce qui m’a le plus enchanté au début, mes notes qui faisaient pousser des commentaires comme le désert fait pousser des cactus.
D’autres cow –boy ont ils cheminés à vos côtés à l’ouest du Pecos?
Quelques expérimentations graphico narratives avec Ryoga, Dolph, Cess m’ont bien plu.
Je ne suis pas spécialement attiré par des groupes constitués. Des idées se sont plutôt concrétisées autour de réalisations papier (fanzines). Au gré des rencontres festivalières on me demande de participer à des collectifs (il faut que je m’y mette, d’ailleurs). Je ne suis jamais allé aux irls et autres festiblogs. Juste les festival de bd.
Vous n’avez pas encore publié dans le Daily Star, mais peut être dans de plus modestes publications… ?
Il y a mon fanzine de luxe « Crachoir » dont je m’occupe avec Léo Quiévreux. Je participe régulièrement à Gorgonzola (de l’Égouttoir). Sinon « la gazette de Belle île en mer City » publie chaque mois mon strip local animalier » Albert le Pouce Pied ». Et j’ai réalisé une série d’illustrations pour un recueil de pièces de Théâtre « Théâtre Incomplet » de Hervé Blutsch.
Vous connaissez Angoulême City et son rodéo aux jeunes talents ?
Ahem… trop vieux pour jeunes talents! Mais j’avais donné une planche au concours de bd scolaire de la Caisse d’Épargne ça devait être juste après le Massacre de Fort Alamo, j’en parle souvent a mon petit fils. J’ai écumé « l’Espace Fanzine » dans les nineties avant l’ascension incroyable des apaches qui y trônaient : les Blanquets les Bouzards les Winshluss (tous géniaux dans leur genre, il faut dire, bien que ça reste surprenant qu’ils aient «réussi» étant donné leur « undergroudité » basique, si je peux me permettre ce néologisme). Bref, Angoulème je connais, c’est la foire aux bestiaux de la bd, avec rodéos, tannage, stages à l’étable, square dance, concerts de Country Music, etc.
Nous savons que vous avez plusieurs projets dans les fontes des selles de votre montures, montrez les nous, et le Shérif sera peut être clément avec vous .
Je dois rassembler les innombrables strips de mes personnages Julie et Auguste et finir plusieurs récits plus longs amorcés mais inachevés qui les mettent en scène (ou en selle). Parmis ceux là, « La rue sympa » me tiens à cœur : l’exploration d’un boboland pekinois sarkobushiste exacerbé. J’ai aussi un « Parano Club » en attente : une série de strips sur le thème qui est dans son titre.
Vous allez bien nous siffloter un petit air morbide, cow boy, avant qu’on ne dégaine les flingues ?
Plus qu’un genre musical (c’est la lutte finale), le communisme est un état d’esprit (groupons nous et demain…).

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