Interview d’Helkarava
janvier 9, 2010 | In: Révélation Blog
Hola, étranger… ici, on aime pas les étrangers.
Moi, je suis Helkarava, un dessinateur de 21 ans.
Déroule nous un peu ta bio, qu’on voit si tu es digne de fouler la poussière de notre belle cité moderne… On dit que tu dessines ?
Le dessin ça remonte au primaire, comme tous les enfants lorsqu’on nous demandait d’illustrer des poèmes, j’ai vite remarqué que j’étais meilleur que les potes, alors j’ai continué rien que pour les humilier. Zep fut mon premier maître. Cela dit, c’est une source rapidement épuisée, vaut mieux être fort en d’autres conneries.
J’ai commencé à dessiner sérieusement sur mes 18 ans, je me suis dit qu’il était peut-être temps d’envisager une autre formation qu’ingénieur. J’ai tenté Boule & cie, mais ces cons de public m’ont tous refusé – aujourd’hui encore je reste un martyr de cette discrimination – je suis allé à la fac d’Art Plastique de Montpellier où j’ai suivi les cours de Pierre Duba, et je suis maintenant à l’ESMA de Montpellier, école privée, pour ma dernière année de BTS Communication Visuelle.
C’est bien une descente aux enfers.
Ouais… et tu as des garants pour ton histoire : des gens qui viendraient couvrir de leur caution artistique tes prétentions à venir pousser les battants de nos échoppes ?
Je ne citerai que mes maîtres de BD. J’ai découvert en premier temps Stéphane Levallois (j’ai eu la chance de travailler avec lui chez Saatchi&Saatchi cet été, même si lui ne le sait pas), ensuite Aude Picaut pour son penchant épuré, mon coeur s’est arrêté pour Marianne Ratier, et me voilà maintenant face à moi même dans l’ombre de Sfar.
Ton blog est difficile à cerner… Il avance masqué
Helkarava aux portes de l’enfer a porté plusieurs masques, je n’aime pas regarder derrière mon dos, surtout lorsque le dessin est exécrable, mais j’assume. Aujourd’hui j’isole un passage, une émotion, une scène de ce qui flotte autour de moi, pour en faire une petite histoire.
Et depuis combien de temps sévis tu avec lui ?
Je ne sais plus, bientôt quatre ans peut-être.
Je l’ai créé juste par égo-centrisme je pense, être connu – comme tous les blogueurs – mais m’obliger à faire des gags pour plaire au public a rapidement été un fardeau.
Et ce blog t’a-t’il permis de croiser quelques fines gachettes ?
Parmi les IRL, j’ai croisé du monde, à la soirée festiblog cette année (je n’étais pas invité, c’était un généreux don de la sncf; PDG de la sncf, si tu es là, malgré les milliers d’heures perdues à attendre les trains en retard, je te dis merci). J’ai plus entretenu des relations avec les dessinateurs/blogueurs de Montpellier, comme Saki, Leamlu (j’espère que tu as voté pour moi hier), Aly etc.
Et les internautes te laissent ils parfois un message taillé à la pointe du couteau sous une note particulièrement soignée ?
Tous les jours, j’ouvre ma boîte aux lettres avec cette terrible espérance de recevoir un lettre, mais non. Aujourd’hui c’était la carte 12-25, une certaine promotion pour les Géants Casino. Donc oui, je suis sensible aux messages des internautes, qui sont toujours gentils.
As tu une bande digne de ce nom?
Avec mon voisin j’essaye de monter une mafia locale, on veut d’abord prendre le contrôle de la rue, puis s’étendre dans toute la ville.
En ce qui concerne le blog, je n’ai pas de gang attitré, j’espère qu’il y aura pas de guerre inter-blog, je me sentirais un peu comme la Belgique ou la Suisse (la honte).
As tu un repaire secret ou on peut voir ce que tu fais en dehors du blog?
J’ai un site : http://helkarava.com que je dois mettre à jour – comme mon blog – mais là je suis fatigué.
Vous connaissez Angoulême City ?
Mon frère était à l’école de jeux vidéos d’Angoulême, mais pour le festival je me suis juré d’y aller uniquement en tant que dessinateur invité. Faut pas déconner, il fait froid là-bas.
Qu’est ce que tu viens faire en ville ?
J’ai des petites histoires à développer, je pense que j’ai juste besoin des couilles pour me lancer. Quand je bouge mon atonie dans les rayons BD, je m’octroie souvent le droit de juger ces livres, que ça ne soit pas assez indé’, où que la narration soit débile, enfin bref, j’ai peur d’en faire parti.
En te souhaitant d’avoir des couilles, un petit mot pour finir ?
« Pour être aimé, il faut être aimable. »

1 Response to Interview d’Helkarava
lilla
janvier 10th, 2010 at 12 h 56 min
Moi je suis une grande fan!