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Interview : Schmoll

janvier 3, 2011 | In: Révélation Blog

Bonjour Schmoll. Que sait-on de toi, à part que tu as un nom sorti tout droit d’un film avec de Funès ?

Schmoll, une voyelle pour six consonnes. La mollesse du nom est à la hauteur du personnage. Et de sa vie aussi. C’est d’ailleurs pour ça qu’il s’en invente une sur un blog. Ca lui permet d’esthétiser le commun. Et de parler de lui à la troisième personne.

Qu’est-ce qui t’a pris de te mettre au dessin plutôt qu’au cinéma ?

Comme beaucoup, je dessine depuis tout petit. En névrosé classique, je ne supportais pas de ne pas être le meilleur partout. Donc je voulais dessiner mieux que les autres. Il s’est avéré que j’aimais ça. Dessiner. Etre le meilleur ça m’est passé très vite. Question de réalisme. La bd est venue très naturellement parce que j’aimais bien me raconter des histoires.

En matière de bande dessinée justement, quels sont tes idoles ? Qui t’inspire ?

Je suis un grand admirateur de Lewis Trondheim, de Joann Sfar et de Manu Larcenet. Ils m’ont fait découvrir une nouvelle approche de la BD quand j’étais au collège et le fait, aussi, que ça pouvait être un vrai métier. Je suis, cela dit, partisan de la théorie qui dit que nos influences sont ancrées dans notre enfance. Qu’on ne les choisit pas réellement. Après analyse, mon style est probablement une bâtardise hybride de Tintin et Dragon Ball Z. Après j’ai plein d’autres référence : Yoshihiro Togashi, l’auteur de Hunter x Hunter, dont la liberté graphique dans un style aussi fermé que le manga, m’étonne toujours ; Blutch, de manière incontournable, surtout pour son court-métrage dans Peur du noir (je m’intéresse de près à l’animation parce que c’est mon gagne-pain), Marc-Antoine Mathieu, pour ses expérimentions. Y en a plein d’autres et pas que dans la BD. Les blogs m’influencent beaucoup aussi, parce que j’y passe trop de temps. Mes dernières influences viennent notamment de chez Boulet et Pochep.

Connais pas, c’est qui ? Revenons-en à ton blog…

Mon blog. Ouais. Il est difficile à décrire, car ce qui le caractérise c’est l’inconstance graphique et narrative que j’y déploie. J’y expérimente beaucoup, surtout l’encre de chine ces derniers temps. La plupart du temps je me laisse aller à la pseudobiographie (ouais, moi je dis pas autofiction). Et y a les Pokachus. Un intermédiaire narratif dans des histoires plutôt banales. En gros, le topo, c’est qu’au lieu que ce soit les humains qui jouent aux Pokemons, bah, c’est l’inverse.

Il y a longtemps que les Pokachus t’élèvent ?

Le 19 février prochain ça fera quatre ans que j’ai ouvert mon blog. A l’époque j’avais besoin de me pousser le mou pour dessiner régulièrement. L’expérience a super bien marché.

Quel genre de lecteurs lit ton blog ? Plutôt fans de Pokemons ou pas trop ?

Mes lecteurs viennent pour la plupart de Blog-bd.fr. Une autre fournée vient de chez Rore, qui m’a donné pas mal de coups de pouce en terme de visibilité. Et y a évidemment une petite centaine de lecteurs que j’ai grappillé un par un au cours des années, qui ont fait que le blog ne meurt pas malgré mes coups de pompe réguliers.

Je crois que la majorité de mes visiteurs viennent pour les Pokachus. Je dis bien « je crois ».

Ce sont leurs commentaires qui te font dire ça ?

Pour l’essentiel, ce sont d’autres blogueurs qui me laissent des commentaires. Et j’y suis sensible. Le nombre de commentaires indique le succès d’une note, et c’est le salaire du blogueur. Les remarques sont souvent positives. Certaines mêmes sont des critiques très pertinentes que j’affectionne particulièrement parce qu’elles forcent le progrès.

Donc tu connais déjà plein de blogueurs… Parmi la sélection, tu en connais aussi ?

Je connais déjà le boulot de Saki, Luchie, Julien, Hugo, Fluoxyne, Jean-Paul Pognon, NR et Elosterv parce qu’ils sont plutôt connus sur la blogosphère (ou bien c’est que j’y passe vraiment trop de temps). Sinon, les autres, je découvre. A part Gary Mael, dont je suis le blog depuis quelques mois et que je sais être habitué du mien. Julien Revenu, je découvre à peine son blog, mais je le connais parce qu’il était improvisateur à la LOLITA à Strasbourg. Du coup, je m’étais intéressé à ses participations aux 24h de la bd. Par contre, il ne doit pas du tout savoir qui je suis.

Qu’est-ce que tu fais quand tu ne blogues pas ?

Je travaille de temps en temps en tant qu’animateur 2d flash sur des projets de jeux vidéo. Sur Facebook, vous pouvez jouer en beta à Alchemy Tower. J’ai fait les persos. Je fais aussi quelques petites passes d’illustrateur/maquettiste. Sinon côté BD, j’ai été publié dans le dernier recueil de Manolosanctis, 13m28, parrainé par Raphael B.

As-tu déjà participé au concour Jeunes Talents ? Au festival d’Angoulême ?

J’ai participé une fois au concours Jeunes Talents. Ca n’a rien donné. Et je ne suis jamais venu à Angoulême, par plusieurs concours de malchance.

Eh bien ça peut s’arranger… Quels sont tes projets en ce moment ?

J’ai plein de projets BD ! J’écris plus que je ne dessine, à vrai dire. Et ça va dans tous les sens. Expérimentation, gag, science-fiction, chronique sociale. Je travaille en ce moment sur « Détaché(s) », l’histoire d’un bonhomme qui s’est séparé de son âme, et dont les premières planches sont sur le site de Manolosanctis. J’essaye aussi de mettre sur papier les Pokachus et « les pleins et les vides du Kawaii misogyne » (une petite série que j’avais commencée sur mon blog il y a deux ans).

Un dernier mot avant d’aller remettre ton joli masque ?

Le blogueur masqué n’est pas celui que vous croyez…



2 Responses to Interview : Schmoll

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Evan

janvier 4th, 2011 at 12 h 08 min

Autant séduit par le point de vue pokachu, par les fantômes d’encre et de papier qui tourbillonnent sur ce blog, que par les élans de réflexion sur la solitude, le mal-être ou la créativité. Un coup de coeur, quoi :)

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saki

janvier 8th, 2011 at 11 h 20 min

L’une de mes découvertes des révélations blogs ! Je le dis et le répète !